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president des MMM

Entretien de Gilles avec Selma Aïssiou

Le but de ces entretiens est de faire connaître des membres qui ont contribué à l’essor de notre association. Notre groupement est membre associé de la Fédération québécoise du saumon atlantique. Nous avons plusieurs membres qui pêchent le saumon. C’est pourquoi je m’entretiens avec Selma Aïssiou, présidente de la section de Montréal de la FQSA qui contribue à la promotion de notre association.

Q. D’où vient votre intérêt pour la pêche à la mouche?

Bonjour Gilles,

Bonjour à tous les membres-lecteurs de l’association des M.M.M.,

Comme bien des pêcheurs à la mouche, mon intérêt pour ce qui est devenu ma passion, au fil des ans, remonte à ma tendre enfance. Alors que j’avais environ 3 ans, j’ai été initiée à la pêche par mon père et mon oncle, sur le bord de la mer Méditerranée. Je les suivais littéralement partout! Ensuite, nous avons immigré au Canada, j’avais environ 7 ans. J’ai continué à pêcher, mais dans le fleuve Saint-Laurent, cette fois. À l’époque, je peux même dire que ma passion m’avait aidée à me faire des amis… Je les ai tour à tour initiés à la pêche et nous nous retrouvions tous les jours après l’école, au bord de l’eau à Verdun, petit coffre et canne au lancer léger en mains! Nous devions avoir deux cannes pour « toute la gang », mais le plaisir était aussi de partager. D’ailleurs, je me souviens encore des gentils membres de l’ancien club de bateaux V.M.B.C., qui nous encourageaient et qui nous donnaient leurs « meilleurs leurres » et trucs, car déjà en 1991, ils trouvaient beau de voir des jeunes pêcher. Comme quoi, la préoccupation pour la relève en pêche sportive…

Puis, un soir, en voulant faire un dernier lancer, j’ai accroché le bout de ma canne dans un arbre et celle-ci s’est brisée dans mes mains… Il fallait voir la tristesse collective qui s’en est suivie! En plus, c’était la canne de mon père. Comme nous n’étions pas riches et que mes deux parents devaient travailler d’arrache-pied pour subvenir à nos besoins, laissez-moi vous dire qu’il n’a jamais été question d’acheter une canne à pêche de remplacement. Je me souviens, j’avais trouvé cet été-là très long…

 

Quelques années plus tard, au début de mon adolescence, en marchant sur la rue Wellington à Verdun, mes amis et moi avons découvert cette Maison de Jeunes (MDJ) très, très particulière…  D’abord, nous avons pris notre courage à deux mains, puis avons décidé d’y entrer malgré la grosse musique forte et la gang de « vieux » de 16‑17 ans qui bloquaient l’entrée. Je ne le savais pas encore, mais cette MDJ allait changer ma vie! Nicole et Fabienne, deux animatrices de l’époque, nous ont admirablement bien accueillis en nous présentant à tous les jeunes sur place, ce qui nous a donné le goût de revenir. Puis d’une visite à l’autre, entre une manche de ping-pong et une partie de Mississippi, j’ai décidé d’aller voir ce qui se passait au 2e étage… Bon, je rasais les murs tellement j’étais gênée, mais quelle ne fut pas ma surprise en voyant toutes ces photos de jeunes tenant un poisson dans leurs mains…et on voyait même sur l’une d’entre elles une fille brandissant un énorme poisson : un saumon atlantique! C’est alors que Marie-Ève s’est approchée pour m’expliquer que j’étais devant le « mur des célébrités » et que ce saumon-là, elle l’avait capturé pendant un camp d’été en Gaspésie, organisé avec l’aide d’un certain Monsieur François Chapados. Quoi?! Je veux participer à un camp d’été moi aussi! Et c’est ainsi que j’ai découvert l’existence du groupe de pêche à la mouche de la Maison de jeunes Point de Mire de Verdun… Dès l’âge de 13 ans, je commençais à développer ma passion pour ce sport hors du commun, surtout à Montréal, il faut l’avouer. On nous apprenait à lancer, à faire les principaux nœuds et même à monter des mouches! Chaque jour qui passait, je développais cette passion grandissante en ajoutant un nouveau mot à mon vocabulaire et en enrichissant ma culture halieutique. Les termes waders, caddis, salmo salar, soie, nœud d’anguille, nymphing, tinsel, marabout, krystal flash, down stream, rotation, alouette… n’avaient plus de secrets pour moi! (Rires!) Cette même année-là, je participais au salon « Sportsmen » avec la MDJ, à Montréal, et j’étais en mesure d’aider les nouveaux qui voulaient faire partie de notre groupe, en leur transmettant les connaissances que j’avais acquises. Wow, et moi qui pensais ne plus jamais pêcher de ma vie…

 

Au fil des ans, mon implication à la MDJ m’a menée à y travailler pendant 4 étés de suite, puis à y consacrer presque tous mes temps libres, une fois mes études universitaires terminées. Que ce soit pour participer à des événements et activités d’autofinancement, pour accompagner les jeunes et animateurs aux différents salons de chasse et pêche dans la province, pour enseigner le lancer et la précision en gymnase ou pour les guider lors de leur première sortie de pêche au saumon, j’étais toujours prête, « leur bénévole #1 », comme disaient Mario et Joannie, en riant! On rigole beaucoup avec ça, mais il y a plusieurs bénévoles passionnés qui sont venus nous rencontrer à la MDJ. Par exemple, je me souviens de Claudel Déry qui nous a appris à monter des CDC, de Gilles Vaillancourt qui nous a transmis ses notions d’entomologie, de Paul Leblanc qui nous a montré comment monter sa célèbre Orange grey ghost , d’Yvon Gendron qui m’a appris à « tourner du poil » de chevreuil correctement ou encore de Claude Bousquet qui nous a divulgué tous ses secrets concernant sa fameuse trottinette (et autres mouches mystérieuses)!

Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine (quand j’arrondis…(Rires!)), je me considère extrêmement chanceuse de pouvoir combiner deux de mes plus grandes passions dans la vie. Le jour, j’enseigne dans une école primaire de Verdun et le soir, après le travail, savez-vous ce que j’aime le plus faire? Vous l’aurez peut-être deviné. J’adore me promener sur le bord de l’eau avec mon chien Ralf, petit coffre et canne à mouche en mains…

Q. Vos diverses implications dans la pêche à la mouche?

Depuis plusieurs années déjà, j’ai l’honneur de participer au Mentorat organisé par la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA), qui a lieu durant le week-end de la fête du Travail. En tant que mentor, j’accompagne deux pêcheurs/pêcheuses le samedi et deux autres le dimanche. En bref, mon rôle est de les initier au monde du saumon et comme nous passons la journée ensemble, à l’air pur sur le bord d’une belle rivière, j’en profite pour aborder plusieurs sujets (techniques, types de lancers et de cannes, mouches, nœuds, équipement, lecture d’une rivière, sécurité, etc.) Vous en conviendrez, un week-end pour apprendre tout ça, c’est impossible! Toutefois, le but premier d’un mentor est de transmettre sa passion… Je me dis que de toute manière, le reste viendra avec le temps… et la pratique! Petite parenthèse : grâce aux réseaux sociaux, je remarque que la plupart de ceux et celles que j’ai initiés continuent de pêcher au saumon et cela m’encourage au plus haut point!

 

En plus des mentorats à la fête du Travail, je m’implique au niveau du Mentorat Féminin de la FQSA, organisé par mon amie Sylvie Tremblay. Par ailleurs, comme l’expression le dit si bien, « jamais 2 sans 3 »! À chaque fin août, je me retrouve sur la rivière St-Jean-Saguenay, avec une autre belle équipe de mentors passionnés, comme Louise Laparé et Suzanne Beaudet. C’est une belle initiative locale à laquelle on m’invite maintenant depuis 2015.

En 2011, j’ai décidé de pousser ma technique de lancer et d’enseignement à un niveau supérieur, ce qui m’a amené à lire et étudier les ouvrages des plus grands, telle que Joan Salvato Wulff (mon idole!), que j’ai d’ailleurs rencontrée à son école dans les montagnes Catskill. Je vous conseille fortement son livre, Joan Wulff’s Fly-Casting Techniques, si vous ne le possédez pas déjà! Ainsi, en mai 2012, grâce au précieux soutien de mon ami Pascal Moreau, j’ai réussi à passer les examens écrits et pratiques pour obtenir ma certification d’instructrice de lancer (C.I.), décernée par Fly Fishers International (anciennement Federation of Fly Fishers), basée dans le Montana. Tous mes efforts ont finalement porté fruit, il ne faut jamais abandonner!

Comme j’aime me tenir occupée, mon implication dans le monde de la pêche à la mouche ne s’arrête pas là… D’abord, je suis très fière de m’être impliquée pendant deux ans sur le conseil d’administration de la FQSA, à titre de présidente régionale de Montréal. Ça m’a permis de voir une autre facette du monde de la pêche au saumon. Avec la fusion récente de la FGRSQ et FQSA, les dossiers n’étaient pas simples, mais j’ai beaucoup appris en tant qu’administratrice. De plus, depuis une quinzaine d’années, je collabore avec le magazine Sentier Chasse-Pêche à titre de photographe (avec Mario Viboux), puis au niveau des réseaux sociaux, plus récemment. De temps à autre, je suis invitée à donner des ateliers et conférences lors de divers événements liés à la pêche à la mouche (ex : programme Fauniquement Femme de la FédéCP) et même dans certains médias, pour partager ma passion. Sur le plan de l’équipement, je suis également pro-staff depuis une dizaine d’années, pour les compagnies SAGE, REDINGTON et RIO PRODUCTS. Plus localement, j’organise avec mes élèves du primaire des ateliers d’initiation à la pêche à la mouche, en collaboration avec les ados de la MDJ Point de Mire. Au menu, pratique de lancers au parc du coin, éthique & pêche sportive, biologie, entomologie et midis « montage de mouches ». Le tout se termine par une sortie de pêche dans un plan d’eau où les jeunes sont certains de capturer une truite avec les mouches qu’ils ont montées eux-mêmes… Des moments magiques qui resteront gravés dans leur mémoire!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Q. Vous a été élue présidente de la section de Montréal de la FQSA, quel est votre rôle?

En effet, je siège sur le conseil d’administration (C.A.) de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, à titre de représentante des membres habitant la grande région de Montréal. Bien que je ne m’attendais jamais à m’engager un jour à ce niveau quand même assez « politique », j’ai accepté avec plaisir cette opportunité qui m’a permis de mieux comprendre l’ensemble des enjeux liés à la pêche au saumon.

En bref, selon nos statuts et règlements généraux, les présidents régionaux restent en fonction pour une durée de deux ans et disposent des pouvoirs généraux qui leur sont dévolus en tant que membres du C.A. Ils représentent l’ensemble des acteurs liés à la conservation du saumon atlantique ainsi qu’à la pratique, l’organisation et la gestion de l’activité de pêche sportive. Un président régional doit participer aux C.A. de la FQSA, qui ont lieu au siège social, à Québec, ou à tout autre endroit prédéterminé. Ce conseil d’administration doit se réunir au minimum deux fois par année, mais c’est au besoin et selon les situations qui se présentent. Pour vous donner une idée, jusqu’à maintenant (décembre 2018), nous avons été convoqués à 11 C.A. Disons que ça me garde plus qu’occupée, pour ne pas dire exceptionnellement surchargée. À titre d’exemple, nous sommes appelés à travailler en comité et sur plusieurs projets d’envergure, tels que le Plan de développement de la pêche au saumon et de la pêche sportive au Québec (2017-2022), qui est issu d’un investissement de 14 M $ du gouvernement du Québec et qui divise en plusieurs volets les enjeux relatifs au développement de la pêche au saumon, comme les infrastructures d’accueil et d’accès, la protection de la ressource, la promotion et la sensibilisation, etc.

Par ailleurs, un président régional doit s’adjoindre un(e) vice-président(e) et un(e) secrétaire pour soutenir la mise en place d’un petit comité régional (structure qui reste encore à bien développer). De plus, il peut être appelé à participer aux Tables Faune Régionales, à supporter les membres en région pour régler les problématiques et conflits, à collaborer au développement régional d’activités liées à la pêche sportive (ex : Festival PALM, Cocktail dînatoire, etc.) et plus encore.

Enfin, un président régional doit promouvoir l’adhésion à la FQSA de membres de sa région. Je profite de cette occasion pour remercier tous ceux et celles qui soutiennent notre Fédération et qui contribuent, par le fait même, à la conservation et à la défense du saumon et de ses habitats, à la promotion et à l’amélioration de la qualité de pêche, à l’éducation relative à l’environnement en lien avec le saumon et le programme Histoire de saumon et finalement, au rayonnement des plus belles rivières du monde…

Q. Quel est l’avenir tant en ce qui concerne la conservation du saumon que la relève chez les pêcheurs au saumon?

C’est une excellente question. Je crois que les deux vont de pair… Si nous voulons assurer la conservation du saumon, à long terme, nous devons garantir une implication sociale et assurer une relève solide de pêcheurs à la mouche passionnés et surtout, impliqués.

D’abord, en ce qui concerne la conservation du saumon, nous ne pouvons nier le fait que plusieurs obstacles écologiques nuisent à son avenir, sans compter la nature même de l’espèce. En tenant compte de la mortalité naturelle et de la prédation, seulement 4 saumons adultes issus des 8 000 œufs initiaux reviennent dans leur rivière, après avoir séjourné en mer. De plus, ajoutons les autres facteurs que nous connaissons, tels que la prolifération des stocks de bars rayés, les phoques, les fous de Bassan, le réchauffement climatique, les maladies entraînées par l’aquaculture… Enfin, il n’est pas question d’un seul problème, mais certainement d’un ensemble de facteurs qui ont mené au déclin du saumon dont il est question. Ceci étant dit, la solution n’est pas si simple et ne repose sûrement pas sur l’élimination d’un seul de ces facteurs ou la mise en place d’une seule pratique miraculeuse… Heureusement, c’est aussi l’un des rôles de la FQSA et de la Fondation Saumon, de veiller à une intervention variée et équilibrée, en soutenant financièrement des études et des projets qui s’attaquent à chacun des vecteurs nommés précédemment, par exemple. Malgré tout, en comparant l’évolution des stocks de saumons dans les rivières québécoises par rapport à toutes celles de l’est du Canada, je me permets de rester optimiste et de croire en la gestion efficace de notre ressource, en faisant confiance à toutes ces organisations et associations locales qui font des pieds et des mains pour assurer, de près ou de loin, la surveillance du territoire, l’éducation auprès des pêcheurs, la conservation et la pérennité de l’espèce.

Par ailleurs, avec un peu de recul, on doit reconnaître que plusieurs actions ont été entreprises pour la conservation du saumon, au cours des dernières décennies. Que ce soit en mer (élimination des pêcheries commerciales) ou en rivière (promotion de la remise à l’eau, baisse des quotas/tags en pêche sportive, programme des habitats de la Côte-Nord et nouvelle station piscicole de la Romaine, différents projets subventionnés par la fédération, etc.), nous pouvons être fiers de ce qui a été accompli jusqu’à présent et la FQSA n’y est pas étrangère… Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire, comme essayer de comprendre les facteurs de survie en mer, mais nous devons maintenir nos actions et surtout, comme je le disais plus tôt, assurer une relève solide de pêcheurs de saumon qui agiraient, en quelque sorte, de porte-étendards de l’espèce.

Pour conclure, nous ne pouvons faire abstraction de la courbe démographique qui reflète un déclin en termes de nombre de pêcheurs, surtout auprès de ceux qui sont arrivés massivement au début des années 1980, avec le déclubage et l’accès plus facile à nos rivières. En contrepartie, il faut se réjouir des initiatives observées ces dernières années, avec entre autres l’arrivée sur nos écrans des Hooké, Wildcats, Lendemain de Trôle, Kalamouche, Le Roi des rivières, elles pêchent ou encore la multiplication d’activités rassembleuses telles que les différents mentorats sur les rivières à saumon, La pêche au féminin, le Forum spey de Sherbrooke, les soirées Bière&Mouche, La pêche est belle, Action Saumon et le festival PALM, qui ont créé un « buzz » dans notre milieu. Naturellement, il ne faut pas non plus oublier les efforts soutenus des associations locales comme les Moucheurs du Montréal Métropolitain, qui font la promotion de la pêche à la mouche depuis si longtemps! Je pense qu’avec toutes ces initiatives, la relève est assurée dans sa pluralité et c’est exactement ce qu’il faut encourager, selon moi. Sur ce, au plaisir de vous croiser à l’une ou l’autre de ces activités!

Au nom des membres du C.A. des MMM nous vous remercions pour votre implication au sein de la FQSA et soyez assurée de notre appui.

Gilles Dubé, président

Invitation à la 5e soirée  » Action! Saumon 22 février

Vu le succès rencontré les années précédentes les MMM et la FQSA organisent à nouveau une soirée vidéo intitulée « Action! Saumon 2019 ». Cette soirée se tiendra le vendredi le 22 février 2019 à compter de 18h30. Elle aura lieu dans la grande salle au 2e étage du 7501, rue François-Perreault à Montréal. Le local est situé à deux minutes de la station de métro Saint-Michel.

De plus, nous invitions les participants à nous faire parvenir des vidéos amateurs qu’ils ont filmés lors de leurs excursions au saumon. Ces vidéos de 3 à 5 minutes seront projetés sur grand écran. Le comité organisateur se réserve la possibilité de refuser une vidéo  pouvant contenir des scènes  ou gestes pouvant nuire à l’éthique d’un bon pêcheur. Les bloopers sont les bienvenus pour le plaisir de tous.

Conférence

La pêche au bar rayé est devenue très populaire. Cependant, sa présence dans les rivières à saumon inquiète les pêcheurs en rapport avec la prédation des bar  rayés sur les saumons juvéniles. Mme Myriam Bergeron, biologiste M Sc, chargé de projet de la FQSA, partagera avec nous les résultats dernières recherches à ce sujet.

Les places disponibles sont limitées, réservez tôt.

Le coût de la soirée est de 10.00$ incluant deux consommations (bière, vin et liqueurs douces).

Les inscriptions se feront par courriel à l’adresse suivante: president@moucheurs-mtl-metro.org

Vous pouvez faire parvenir vos vidéos sur clef USB ou sur CD au plus tard le 8 février 2019 à l’adresse suivante: MMM, Case postale121, Succursale Saint-Michel, Montréal (Québec) H2A 3L9

Gilles Dubé, président

Mot du président

Cette année les Moucheurs du Montréal Métropolitain célébreront leur 35e anniversaire de fondation. Nous aurons l'occasion d'en reparler au cours de l'année.

Rencontre avec Jacques Duhaime

Rencontre avec Jacques Duhaime, conseiller au soutien technique chez Videotron. Il est instructeur de lancer aux MMM et ce depuis plusieurs années.

Q.    Jacques d’où vous est venu votre intérêt pour la pêche à la mouche?

R.    J’ai été initié avec Robert Lalonde au lancer de pêche à la mouche par son père Jean-Paul, membre des MMM et instructeur de lancer. J’ai apprécié la légèreté de l’équipement et les différentes techniques de lancer. J’ai rencontré d’autres passionnés de pêche à la mouche.

Q.    Quelle a été votre implication au sein des MMM?

R.    Après avoir suivi des ateliers de lancer avec Franco Messina, Robert Synnot et Georges Roy et compte tenu des compétences acquises j’ai été invité à devenir instructeur de lancer. J’ai accepté parce que j’avais le goût d’enseigner à d’autres personnes les techniques apprises.

J’ai animé quelques années l’atelier de nœuds avec la collaboration d’autres instructeurs de lancer.

Q.    Vous agissez à titre d’instructeur de lancer depuis plusieurs années. Pouvez-vous nous décrire l’évolution dans l’enseignement des lancers chez les MMM?

R.    Au moment où je suis devenu instructeur, nous donnions des ateliers de lancer d’une journée sur une base individuelle. Tu voyais une personne une fois. L’apprentissage du lancer était minime. L’association a développé depuis quelques années un stage 1 de lancer. C’est génial. Il s’agit d’un cours de base de lancer de pêche à la mouche qui s’échelonne sur cinq samedis. Nous enseignons la technique de base du lancer et par la suite, nous pouvons développer les habiletés de chaque participant. Depuis deux ans, un stage 2 a été mis sur pied. À cette occasion, les participants approfondissent la technique de base et apprennent la double traction, le lancer de distance et le lancer de précision.

La création de ces cours a permis une homogénéité dans les techniques d’enseignement chez les instructeurs. Chaque instructeur a une approche pour enseigner qui lui est propre, mais le contenu du cours est le même. Autrement dit, le contenant est le même, mais l’emballage est différent.

Ces cours permettent aux participants d’acquérir une bonne technique de pêche à la mouche, ce qui leur permet d’avoir plus de succès lors de leur sortie de pêche.

Nous pourrions poursuivre cette évolution en donnant des cours de lancer Spey à une main et à deux mains.

Q.    À part d’être instructeur de lancer, quels sont les autres aspects qui vous attirent dans cette activité?

R.    Je monte des mouches Je trouve ça relaxant et j’admire la beauté des mouches montées. J’ai suivi des cours de montage chez les MMM. Lors du concours de montage de mouches lors de la célébration du 25eanniversaire de fondation des MMM, j’ai gagné la médaille de bronze pour la mouche sèche Dark Montreal que j’avais montée.

Je vais également à la pêche à la truite et au saumon.

Q.    En regard de la pêche au saumon j’ai entendu à l’occasion des membres des MMM vous donner le surnom de saumonier. Quel est l’origine de ce surnom?

R.    Lors du banquet pour souligner le 20eanniversaire de fondation des MMM en 2004, j’ai gagné le prix de présence principal lors du tirage soit un voyage de pêche au saumon d’une durée de 3 jours sur la rivière Moisie. Ce fut un voyage de rêve. J’avais un guide, un Montagnais et lors de ce voyage, j’ai capturé un saumon de 17 livres. J’ai bénéficié d’un transport par hélicoptère et nous sommes ressortis en hydravion.

Q.    Êtes-vous toujours aussi chanceux?

R.    Je dois dire que cela m’arrive assez souvent. Lors d’une journée promotionnelle des MMM, j’ai gagné une canne à moucher. Lors de la dernière soirée Vins et fromages en 2016, j’ai gagné un forfait de 3 jours 2 pêcheurs sur la rivière York.

Duhaime au nom du C.A. des MMM, je vous remercie de votre implication au sein de l’association. Pour cette raison, les membres du C.A. vous ont désigné bénévole de l’année.

Gilles Dubé, président

Rencontre avec Gilles Vaillancourt

Rencontre avec Gilles Vaillancourt, retraité de la STM où il a occupé le poste de conseiller en transport adapté. Gilles a développé un intérêt passionné pour les insectes au point où il a développé, au sein des MMM, un cours complet sur l’entomologie en rapport avec la pêche à la mouche

Q. Gilles d’où vous est venu votre intérêt pour la pêche à la mouche?

R. Je pêche depuis l’âge de cinq ans. J’ai développé une fascination pour la pêche à la mouche en lisant plusieurs revues sur le sujet. J’avais déjà un équipement sommaire et je pratiquais à l’occasion. J’avais un copain qui m’avait initié à la pêche à la mouche. Au printemps 1992, j’ai franchi le pas. J’ai par la suite rencontré François Boulet, alors président de la Fédération des pêcheurs à la mouche et membre des MMM au Salon de la pourvoirie. Je suis membre des MMM depuis ce temps. J’avais participé à l’initiation de pêche à la mouche. Beaucoup plus tard, à la suggestion d’Yves Beauregard, j’ai occupé le poste de vice-président de la Fédération des pêcheurs à la mouche.

Q. Quelle a été votre implication au sein des MMM?

R. En 1993, j’ai fait un premier voyage dans les Catskills afin de pêcher sur la West Branch de la rivière Delaware. À Roscoe, ce fut le début de mon cheminement en entomologie en identifiant des insectes. J’y ai acheté plusieurs livres d’entomologie.
Voyant mon intérêt marqué, Yves Beauregard, alors président des MMM m’a remis le kit d’entomologie des MMM et m’a refilé la responsabilité de l’entomologie pour le club. Les premières années ce fut des ateliers de discussion et d’échanges sur le sujet.
Les cours d’entomologie ont débuté en 1995-1996. À la même époque, j’ai multiplié les sorties. J’y ai alors développé une passion pour la pêche en rivière pour ses insectes. J’ai également animé pendant plusieurs années les ateliers d’entomologie lors des initiations de pêche avec les MMM sur la rivière Doncaster.
J’ai pratiqué beaucoup la pêche à la nymphe. Chez les MMM, c’est Gerry Bourbonnais qui m’a le plus influencé par sa passion lors de ses ateliers de pêche à la nymphe et lors de sorties au bassin de Chambly.

Avec les années, j’ai développé le cours d’entomologie. Après une quinzaine d’années, il était temps que d’autres prennent la relève (Jocelyn Masson et Michel Rivest).

Q. Quels sont les objectifs que vous poursuivez actuellement?

R. Mon intérêt va plus vers l’écologie des cours d’eau. Je voudrais connecter plus rapidement avec l’environnement et en arriver à décoder une rivière.
Mon rêve serait de regrouper un petit groupe de pêcheurs d’expérience, ce que j’appelle une Fly Fishing Matrix et faire des sorties où un pêcheur d’expérience est jumelé à un novice.
Je travaille actuellement à développer des contenus pour le site des MMM. J’ai déjà beaucoup de matériel. C’est à suivre…

Q. Quel est l’avenir de la pêche à la mouche au Québec?

R. Difficile, on le constate par le faible nombre de boutiques pêche à la mouche. Pour ce qui est des rivières, je suis d’accord pour les programmes d’ensemencement soient maintenus là où la pression de pêche est forte, mais je crois qu’il est plus important de préserver les habitats que d’ensemencer à tout vent.
Monsieur Vaillancourt, je vous remercie au nom des MMM pour le temps consacré à nos activités plus particulièrement en entomologie. Nous savons pouvoir compter sur vos connaissances et votre expérience dans la pêche à la mouche.

Gilles Dubé, président

Rencontre avec Michel Rivest

Rencontre avec Michel Rivest, professeur à la retraite lequel s’est impliqué au sein des MMM dans plusieurs facettes de la pêche à la mouche.

Q.  D’où est venu votre intérêt pour la pêche à la mouche?

R.  Tout petit, j’allais pêcher dans le ruisseau  au  chalet  de  mes  grands‐parents.  J’utilisais  un  bout  de branche,  une  corde  et  un  hameçon sans  oublier  les  vers.  À  quelques occasions, j’ai pratiqué le lancer léger et j’ai un ami qui m’a initié un peu à la pêche  à  la  mouche  il  y  a  bien longtemps.  Afin  de  souligner  mon 51 e anniversaire  de  naissance,  un couple  d’amis,  Françoise  et  Claude (alors  membre  du  club),  m’a  offert une carte de membre des MMM.
J’ai suivi différents cours de montage de mouches, un cours d’entomologie avec Gilles Vaillancourt et le cours de
lancer stage 1.
J’aime développer mes connaissances et mes compétences dans les activités où je m’implique. Avec l’aide de Jean‐François Lavallée et plusieurs heures de pratique, je suis devenu instructeur certifié de l’International Federation of Fly  Fishers  (IFFF)  après  avoir  complété  les  examens  requis.  Je  suis  allé  à  l’école  de  Joan  Wulff,  sommité  dans  le monde  de  la  pêche  à  la  mouche,  afin  de  peaufiner  et  comprendre  certains  aspects  de  sa  technique  et  pour m’améliorer. Lorsque je suis allé à Somerset, au New‐Jersey, lors du salon de la pêche à la mouche qui s’y tient annuellement, j’ai suivi des cliniques avec deux maîtres reconnus dans le lancer de pêche à la mouche soit, M. Bob Clouser afin de me familiariser avec la technique de pêche à la mouche en mer et M. Gary Borger pour voir le type de techniques enseignées dans d’autres écoles de pêche à la mouche. Tous deux ont également marqué l’univers de ce merveilleux sport.

Q.  Quelle a été votre implication au sein des MMM?

R.  Suite au cours avec Gilles Vaillancourt, j’ai colligé de l’information sur les insectes aquatiques et par la suite, j’ai rencontré Jocelyn Masson pour lui présenter ce que j’avais fait. C’est grâce à lui, suite à son invitation, que je suis impliqué dans le cours d’entomologie depuis la session d’avril 2013.
Je suis un amant de la nature. J’aime vivre une journée en forêt ou les deux pieds dans l’eau. Dans le passé, j’ai déjà fait de l’identification de fleurs, d’oiseaux et d’insectes terrestres lors de mes randonnées en nature que ce soit dans les régions forestières québécoises, les Adirondacks ou lors d’excursion en canot‐camping. Mon parcours en tant qu’amant de la nature et professeur auprès des enfants d’âge primaire m’a permis de développer tous ces intérêts.
Et j’aime les partager avec les gens.

À l’hiver 2013, je suis devenu instructeur de lancer chez les MMM. À l’automne 2014, à la suggestion de Robert Lalonde, chef instructeur,  j’ai  accepté  de  lui  succéder  à ce  poste.  Pour  moi,  l’enseignement  c’est naturel, ça  fait longtemps que je m’implique à ce niveau. Plus jeune, avant même d’obtenir ma ceinture noire de judo, j’enseignais à des groupes de personnes d’âges différents en même temps qui variaient de 8 à 50 ans. J’ai vécu toute ma carrière professionnelle  en  tant  que  professeur.  Ma  première  formation  universitaire  m’a  permis  d’enseigner  l’éducation
physique pendant les 15 premières années, et par la suite, j’ai obtenu un deuxième baccalauréat en enseignement préscolaire  et  primaire  qui  m’a  permis  d’être  professeur  d’une  classe  d’enfants  de  9  à  12 ans  pendant  les 20 dernières années.

Q.  Pourquoi cet engagement à multiples facettes dans la pêche à la mouche?

R.  C’est  ma  personnalité  de  m’impliquer  dans  beaucoup  de  choses.  J’aime  apprendre,  relever  des  défis,  être davantage dans l’action que d’être observateur. Ce n’est que le temps qui m’empêche d’en faire plus dans cette sphère d’activités. Et avant tout, c’est une façon de rencontrer des personnes et de partager.

Q.  Quels sont les objectifs que vous poursuivez à titre de chef instructeur?

R.  J’ai le goût que les participants quittent leur journée de cours avec le sourire, qu’ils soient satisfaits de ce qu’ils ont  appris  et  des  progrès  accomplis.  Je  veux  également  que  les  nouveaux  adeptes  de  la  pêche  à  la  mouche ressentent un sentiment  d’accueil  de  la  part  des  instructeurs  de  lancers  et  du club des  Moucheurs  du  Montréal Métropolitain,  qu’on  leur  communique  le  goût  d’investir  dans  différentes  activités  que  ce  soient  les  activités sociales,  les  sorties  en  lacs  et  rivières  ou  les  autres  cours.  Il  est  toujours  agréable  de  se  revoir  en  différentes occasions.
De plus, ma formation et ma carrière professionnelle me portent à vouloir instaurer une certaine rigueur chez les instructeurs afin que les participants sentent une cohésion au niveau de l’équipe qui se reflète dans la technique transmise  et  les  interventions.  Je  crois  que  l’équipe  y  est  arrivée  si  je  considère  les  évaluations  positives  des participants.

Q.  Comment voyez‐vous l’avenir de la pêche à la mouche?

R.  Je vois beaucoup de nouveaux adeptes depuis que je m’implique activement dans le club alors pour moi, elle se
porte  bien.  Il  faut  dire  que  je  découvre  de  plus  en  plus  cet  univers  grâce  aux  émissions  télévisées,  aux  réseaux
sociaux, aux différents événements comme les salons ou les conférences. Et j’ai l’impression que je rencontre de
plus en plus de membres du club en lacs et rivières lors de mes sorties personnelles.
M. Rivest au nom du C.A. des MMM, je vous remercie de votre implication au sein de l’association. Pour cette raison,
les membres du C.A. vous ont désigné bénévole de l’année.

Gilles Dubé, président

© Pierre Perron MMM 2018