Les entretiens de Gilles

Le but de ces entretiens est de faire connaître des membres qui ont contribué à l’essor de notre association. C’est pourquoi je m’entretiens avec Jean-François Lavallée qui a grandement participé à la formation de nos instructeurs de lancer.

Occupation ou profession : coach d’affaires, designer de programme de formation et conférencier sur les sujets de culture et leadership.

Q. D’où vient votre intérêt pour la pêche la mouche?

R. Comme plusieurs enfants au Québec, je pêchais la perchaude avec des vers quand j’étais jeune. Puis j’ai arrêté en vieillissant.

Plus tard, pendant quelques années j’ai travaillé comme pilote d’hélicoptère. J’ai eu la chance de travailler à Sept-Îles et m’occuper de faire entrer et sortir les pêcheurs à saumon sur les pourvoiries de la rivière Moisie.

Souvent, je couchais dans la cabine des guides que je regardais faire des mouches en parlant de leur journée. En quittant en hélicoptère, je survolais les gars et voyais leur soie qui se déployait…. Je me suis dit, si un jour je me remets à la pêche, c’est ça que je veux faire!

Q. Vous êtes membre des MMM depuis quelle date?

R. Je suis actif avec les MMM depuis 2008 ou 2009 si je me souviens bien.

Q. Quelles sont vos implications au sein des MMM?

R. Je m’implique surtout au niveau des cours de lancers.

J’ai d’abord débuté comme participant quand j’ai commencé dans la pêche à la mouche. Puis après un passage à l’école de Joan Wulff, on m’a demandé si je voulais aider comme instructeur.
Avec les années, en collaboration avec les instructeurs de lancer nous avons développé, structuré et bonifié l’enseignement offert par les MMM. Étant aussi instructeur certifié de la FFI, un intérêt pour cette certification a grandi au sein des instructeurs et nous devrions tous être très fiers aujourd’hui de voir que parmi ses instructeurs, les MMM comptent plusieurs instructeurs certifiés.

Et même ceux pour qui la certification n’était pas un objectif, la qualité de l’enseignement a nettement progressé au fil des ans selon le dire même des participants.

Q. Vous êtes membre de la Fly Fishers International à titre de MCI, expliquez-nous la signification de MCI et le rôle de la FFI?

R. La Fly Fisher International (anciennement International Fly Fisher Federation) a comme mission 3 grands piliers : la conservation, l’éducation et la communauté.

À travers l’éducation, on parle entre autres d’enseignement du lancer à la mouche.

Depuis plus de 20 ans maintenant, il y a un programme de certification pour les instructeurs afin de toujours rehausser le niveau d’instruction de ce sport à travers le monde et les années.
Il y a 3 niveaux de certification :

  • CI – Certified Instructor, instructeur certifié
  • THCI – Two Hand Certified Instructor – instructeur certifié pour lancer à deux mains
  • MCI – Master Certified Instructor – maître instructeur pour enseigner aux instructeurs

On parle ici de plus de 1 400 instructeurs dans plus de 40 pays.

Il y a plus d’une cinquantaine d’instructeurs canadiens et d’une quinzaine d’instructeurs certifiés québécois.

Q. Quel était le but ou l’objectif poursuivi dans l’atteinte de votre agrégation à titre de MCI?

R. Le plaisir d’apprendre tout simplement à la base.

J’adore ce sport, et j’aime la combinaison du côté technique du lancer et le côté humain de la pédagogie, de l’apprentissage humain.

Pour moi, devenir MCI était aussi une façon de pouvoir aider à faire grandir l’écosystème de la pêche à la mouche au Québec et au Canada en aidant les gens intéressés à éventuellement devenir instructeurs certifiés.

Le récent événement aux Escoumins, organisé par Louis Lortie (un CI québécois), en est un parfait exemple.

4 candidats se sont présentés et les 4 ont réussi à obtenir leur certification.

Et le tout a été possible grâce à cet écosystème. Plusieurs candidats ont fait appel à des CI existants pour se préparer, et certains d’entre eux ont travaillé avec moi pour finaliser leur préparation.

Ça pour moi, c’est le signe d’un écosystème vivant et efficace!

Q. Quelle est votre implication au sein de la FFI?

R. Je suis présentement MCI et aussi le seul canadien sur le conseil d’administration du programme de certification d’instructeur (Casting Board of Governor – CBOG).

De plus, je suis qualifié comme examinateur, c’est-à-dire que j’ai la possibilité de diriger des certifications.

Q. Comment voyez-vous l’avenir de la pêche à la mouche?

R. Avec plein d’optimisme.

L’on remarque qu’il y a un certain engouement pour la pêche à la mouche au Québec depuis quelques années. Je crois que c’est la combinaison de plusieurs facteurs, comme avoir plus d’instructeurs certifiés certainement, mais aussi plus de femmes qui saisissent des opportunités et foncent pour partager leur passion du sport. Il y a aussi l’impact de l’ère numérique où l’on partage tous ces merveilleux vidéos de Hookés certainement, mais aussi de tous les autres Youtubers et Bloggers qui partagent leurs expériences de pêche au reste de la communauté.

Le seul bémol, c’est notre chère planète bleue. On l’a malmenée et maintenant elle a besoin que l’on prenne mieux soin d’elle. La pêche à la mouche est intimement liée à la santé des cours d’eau. Donc, pour que ce sport puisse continuer à se développer, il faut absolument en même temps prendre soin de nos habitats.

Gilles Dubé, président

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